Les Frères Coen

Article écrit par

A l´occasion de la sortie de leur nouveau film « A Serious Man », ce Coin du cinéphile est consacré aux frères Coen.

Figures essentielles du cinéma américain de ces 25 dernières années, les Frères Coen ont produit une œuvre autant imprégnée d’un univers personnel que de déférence et de fascination pour l’âge d’or hollywoodien et les grands mythes américains. C’est ce qui fait l’équilibre de leurs films, partagés entre personnages ordinaires dépassés par les événements et les genres très référenciels peuplant leurs filmographie.

Pour ce Coin du cinéphile, les ambiances rurales de Sang pour sang et Fargo s’orneront d’atours criminels. La screwball comedy, le films de gangsters et de détective seront revisités à la sauce loufoque et complexe des Coen dans Intolérable Cruauté, Miller’s Crossing et The Big Lebowski. Pour finir, l’aspect plus intellectuel des deux trublions sera à l’honneur dans Barton Fink, avant un passionnant parallèle mythologique dans O’ Brother.

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile consacré à l’épouvante gothique, à l’occasion de la sortie prochaine de The Wolfman de Joe Johnston.


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..