Cellule 211 (Celda 211)

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Un jeune gardien de prison se retrouve mêlé à une révolte des détenus en se faisant passer pour l’un des leurs. Carton en Espagne, auréolé de 8 Goyas, Cellule 211 est la surprise de l’été. Passionnant, thriller haletant, le film nous transporte dans la violence et la fureur d’une prison de haute sécurité. À noter l’excellente performance de Luis Tosar, déjà aperçu chez Jarmusch et Mann, en leader des insurgés.

Depuis le choc cannois de Hunger en 2008, les films de prison reviennent en force et de nombreux réalisateurs réinvestissent ce genre longtemps méprisé, qu’il s’agisse de Jacques Audiard ou de Kim Chapiron plus récemment. Cependant, tandis que ces cinéastes utilisaient le thriller carcéral comme prétexte à une démarche esthétisante, avec un brio magistral – comme McQueen et Audiard – ou moins de réussite – le raté fracassant de Chapiron – Cellule 211 joue pleinement la carte de la série B modeste mais efficace.

 

Dans l’espoir de se faire bien voir de ses futurs collègues, Juan Oliver, jeune gardien de prison, se rend sur son futur lieu de travail la veille de son entrée en poste. Lorsqu’une émeute éclate et que les détenus, menés par le charismatique Malamadre, prennent le contrôle de la prison, Juan décide de se faire passer pour l’un des leurs. Il prend alors part à la révolte, se rapproche de Malamadre tout en tentant de sauver sa peau et de contrôler la situation –  au risque de se faire démasquer.

Pour mettre en scène cette violente mutinerie, le réalisateur et scénariste Daniel Monzon recycle les conventions du film de genre US dans un style brut, caméra portée à l’épaule et toujours près de l’action. Sous l’influence des séries américaines, Cellule 211 est à rapprocher de OZ : les mêmes tensions communautaires, un univers ritualisé à l’extrême. L’emprunt le plus évident à la grammaire des séries est la création de personnages complexes au passé révélé par bribes. Si ce système fonctionne pour Malamadre, en revanche les flash-backs présentant la relation – trop parfaite pour être vraie – entre Juan et sa compagne semblent de trop. Certes, elles permettent d’expliquer l’évolution psychologique du héros, mais elles alourdissent aussi considérablement le film en diluant la tension du huis-clos. Néanmoins, à partir d’une situation initiale tirée par les cheveux et des rebondissements parfois invraisemblables, la mécanique narrative est parfaitement huilée et emporte le spectateur avec elle. D’une grande intelligence, le scénario explore de nombreuses pistes, la revendication politique, le jeu des masques entre autres.

 

Formellement, le film peine par moments à se hausser au même niveau d’efficacité que son script, par un excès de modestie semble-t-il. Si la caméra HD joue pleinement son rôle d’immersion, la mise en scène trop timide dessert certains moments forts, répondant à une volonté de lisibilité.
Heureusement, ces maladresses sont des détails, comparées à l’ensemble de cet excellent film. Passionnant de bout en bout, Cellule 211 est largement sauvé par l’énergie dégagée et la qualité de son interprétation. Déjà remarqué chez Jarmush et Mann, Luis Tosar emporte le morceau avec sa voix rauque et son regard enflammé, donnant vie à un Malamadre aussi touchant qu’effrayant. Pour cette prestation, Tosar remporta un Goya, un parmi les huit qui ont déjà récompensé ce film en Espagne, l’événement de la fin de l’été.

Titre original : Celda 211

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Durée : 110 mn


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