Même si Cannes s’étend sur onze jours, même si l’on se dit dès le départ qu’on va voir un maximum de films, faire des concerts, des soirées, rencontrer du monde, Cannes passe à une allure phénoménale. Et en même temps, le festival est épuisant. La preuve : impossible de croiser un festivalier qui n’a pas de cernes ! Avec une moyenne de trois films par jour, des nuits de 5h environ, un soleil ardant, le rythme sur la Croisette ne laisse que peu de temps au recul, à la détente. C’est à la fois une rencontre à plusieurs niveaux, entre journalistes, entre fans, entre professionnels du cinéma, faisant de Cannes une formidable expérience.
Pour ce dernier jour de projections officielles, on a pu voyager au Maroc avec La Source des femmes, en Compétition. On retrouve dans le rôle principal Leila Bekhti – du film Tout ce qui brille – marocaine engagée contre le manque d’investissement des hommes de son village pour rapporter l’eau au foyer. Avec tout un groupe d’habitantes, elles se lancent dans une grève de l’amour, avec pour seul objectif : faire bouger les choses. Bien que La Source des femmes fasse un raccourci en matière d’Islam, son interprétation, la place de la femme dans la société, est un beau film, bien mené, entraînant et presque féministe.

De la chaleur marocaine à Prague, Paris et Londres, il n’y a qu’une salle. Christophe Honoré présente Hors Compétition Les bien-aimés, avec toujours Chiara Mastroianni, Louis Garrel et cette fois-ci, Catherine Deneuve. D’une durée de 2h25, le film est très long. Et très décevant. Non seulement les chansons composées par Alex Beaupain sont très loin derrière celles des Chansons d’amour, mais Honoré se sert de l’ensemble de sa filmographie pour en tirer des extraits et composer un long-métrage. On retrouve donc la mort d’un être aimé, un plan à trois, l’homosexualité, une chanson en plein sur les ponts de Paris. Les dialogues sont totalement surfaits, clichés, naïfs. Le film est présenté aujourd’hui en clôture du festival… Un peu dommage.

Aujourd’hui, session de rattrapage. Prévu depuis le départ, le dernier dimanche du festival permet aux participants de voir ou revoir les films en Compétition. Puis s’enchaîne la soirée de clôture et les fameux résultats que l’on attend avec impatience… Des pronostics ? Je me lance. Palme d’Or pour The Tree of Life, prix d’interprétation masculine pour Sean Penn, prix d’interprétation féminine Tilda Swinton ou Kirsten Dunst. Réponse dimanche soir…
Précédemment, dans notre saga cannoise:
Quand Cannes fait son 64e festival
Cannes Jour 1 : Les choses sérieuses commencent
Cannes Jour 2 : Des salles obscures à la plage
Cannes Jour 3 : We need to talk about Nikos !
Cannes Jour 4 : A Starr is born
Cannes Jour 5: On se foule!
Cannes Jour 6: Lundi sous le soleil cannois
Cannes Jours 7: Fier d’être Français
Cannes Jour 8: Femmes au tapis
Cannes Jour 9: La course à la Palme d’or continue…
Cannes Jour 10: France toujours
Cannes Jour 10: Il était une fois un film en noir et blanc