Zodiac

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De 1968 jusqu´au début des années 90, à San Francisco, le Zodiac killer alias le > fut un mystérieux tueur en série, responsable de 37 meurtres. Après chaque crime, le tueur faisait parvenir au journal The San Francisco Chronicle, une lettre expliquant en détail son horrible crime. Retour en 1968 où Graysmith, un jeune dessinateur […]

De 1968 jusqu´au début des années 90, à San Francisco, le Zodiac killer alias le << Tueur du Zodiaque >> fut un mystérieux tueur en série, responsable de 37 meurtres. Après chaque crime, le tueur faisait parvenir au journal The San Francisco Chronicle, une lettre expliquant en détail son horrible crime. Retour en 1968 où Graysmith, un jeune dessinateur de presse, est bien décidé à mener son enquête pour retrouver rapidement ce psychopathe.

Rien ne nous préparait à ce virage amorcé par David Fincher, auteur stylisé à l´extrême et foncièrement provocateur. Atteignant des sommets de nihilisme avec son polar ultra noir Se7en et la surenchère anarchiste avec le pamphlet Fight club, il sombre dans la démonstration visuelle et virtuelle avec sa caméra passant à travers une anse de café dans Panic Room. Ayant démontré de quoi il pouvait être capable avec une caméra, Fincher s´est aujourd´hui assagi et nous offre un film posé, réfléchi et passionnant sur l´un des plus mystérieux tueurs en série ayant sévi aux Etats-Unis.

Nombre de faits réels ont été adaptés au cinéma. Parfois pour le meilleur (JKF d´Oliver Stone, Munich de Spielberg), souvent pour le pire (Blair Witch Project ou Elephant de Gus Van Sant). Mais rien n´est plus captivant que de proposer une vision somme toute relative de faits jamais élucidés. Surtout quand le réalisateur s´attarde à décortiquer minutieusement les rouages d´une affaire au parfum de pied de nez labyrinthique. C´est le cas de Zodiac.

Première constat, la perfection de la reconstitution des années 60-70. Dès les premières images, Fincher nous immerge dans une époque où tout semblait possible, tant pour les jeunes que pour les tueurs en série. Ambiance nostalgique où la parano n´était pas encore de mise, où les systèmes informatiques ne permettaient pas de regrouper des informations en un temps record. Et Fincher, sachant qu´il n´y aura pas de fin à son entreprise, s´attache à peindre des individus prêts à tout sacrifier pour recueillir le moindre indice.

Sur ce canevas, Zodiac est une oeuvre captivante. Limite austère, la majeure partie de l´histoire se passe dans les bureaux de la police et des journaux de presse. Zodiac décrit un pays aux abois, incapable de canaliser la peur de ses concitoyens. Aux individus de recouper isolément quelques indices pour coincer ce tueur insaisissable. En l´occurrence un flic tenace, un journaliste arriviste et un dessinateur malin n´auront de cesse de traquer leur homme, quitte à friser l´obsession. Zodiac en cela est un grand film politique sur l´impuissance des réseaux à communiquer entre eux, et une superbe démonstration de la responsabilité civique d´une poignée d´hommes pour qui la justice passe avant tout.

Zodiac s´étend sur plus de 2h30. Mais à aucun moment Fincher ne se perd dans une quelconque facilité narrative. Il prend son temps pour exposer son histoire étalée sur presque vingt ans avec un sens calculé de l´investigation journalistique, policière, et tout compte fait humaine. Le dévouement sacrificiel de ses personnages est empathique au possible sans jamais s´échouer sur les rives des causes perdues. Et sa mise en scène sobre et hyper documentée donne au film des allures de compte-rendu compulsif d´une Amérique incapable de se protéger de l´intérieur.

Zodiac était un pari risqué pour Fincher. Sa durée (proche de celle de JFK), son traitement bavard et assez lent et sa fin non résolue paraissaient être des défis de taille. En grand metteur en scène, David Fincher les relève tous haut la main !

Titre original : Zodiac

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Durée : 156 mn


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