Wrong

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« Le dernier arrivé est fan de Quentin Dupieux ! »

C’est l’histoire d’un homme avec un prénom de chien (Dolph) qui a perdu son chien, qui lui a un nom d’homme (Paul). La routine rassurante du trentenaire célibataire s’écroule, l’inquiétude et l’incompréhension ronge la proprette banlieue américaine où se déroulent les faits.
Déjà une première scène dévoilait, outre un contexte typiquement américain, une faille, comme si un rouage du système était grippé, dans lequel filtrait une inquiétante étrangeté ; cette image de pompiers qui semblent ignorer qu’une voiture brûle à coté d’eux est définitivement « wrong ».

L’aspect comique du film, porté par la quête irraisonnée du chien, est imbriquée aux apparitions successives de personnages, galerie de gueules et de stéréotypes de cinéma tantôt décalés, voir totalement effrayants (Lynch si tu es là !). Le cinéma américain est là, on ne voit que lui : le film y est tourné en langue anglaise, avec un casting presque entièrement américain. Le genre, (avant le teen-movie High school pour Steak et le slasher/policier pour Rubber) est là également, celui des disparitions inexplicables familiales, possible bifurcation vers le drame social.
Le cinéaste crible son scénario d’absurde, hésitant comme toujours entre hommage atmosphérique au cinéma américain et véritable histoire. La trivialité de la situation de départ empêche un intérêt qui dépasserait celui de l’observateur amusé devant le spectacle de plans léchés et de musique électronique angoissante.

Il y avait dans Steak une énergie et une cruauté dans la caractérisation de personnages de freaks, un mélange interagissant entre amour du teen-movie et du potache à la française. L’assemblage et la mutation des genres avaient lieu alors, portant dans les thèmes travaillés (la déformation, la reconnaissance dans un groupe social construit) les marques mêmes de sa recherche thématique et cérémoniale.

Ici le système passe par la répétition, les légers décalages, même le rembobinage pour accoucher de la fin de l’intrigue, contenant un scénario à « chute » jusqu’à la dernière minute, dans une afféterie de suspense. Cette volonté de contrôle et de cohérence du cinéma de Quentin Dupieux n’est pas exempte de style, un style beige et banc cassé, un style composé d’hommes à chemises et moustaches, de symboles lourds, d’absurdité surfaite et de graphisme branché : jamais de respiration dans Wrong, pas le moindre souffle narratif ou encore l’ombre d’une émotion, spectatorielle en tous les cas, qui ne rachète une comédie figée, si sûre de son décalage qu’elle en devient automatique.

Titre original : Wrong

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Durée : 94 mn


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