Souffle

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Le souffle, celui qu’on retient, ou celui qui libère. Une femme, trompée et délaissée par son mari, est attirée par un meurtrier, condamné à mort, qui ne cesse de tenter de se suicider. Entre eux, un lien se tisse, fort et fragile à la fois. Avec Souffle, Kim Ki Duk nous emmène au cœur d’un […]

Le souffle, celui qu’on retient, ou celui qui libère.

Une femme, trompée et délaissée par son mari, est attirée par un meurtrier, condamné à mort, qui ne cesse de tenter de se suicider. Entre eux, un lien se tisse, fort et fragile à la fois.

Avec Souffle, Kim Ki Duk nous emmène au cœur d’un ballet dans lequel la jalousie et le pardon côtoient l’espoir et la passion. Le premier acte de cette œuvre poétique nous ouvre les portes d’une cellule et les prisonniers se mettent à danser, une danse lente, triste et amère. Les différents tableaux se succèdent, tour à tour entre les quatre murs de la cellule, de l’appartement et du parloir. La forme (close) choisie est identique mais les atmosphères sont diverses. Métaphores de l’enfermement des deux héros, ces lieux sont aussi bien leur prison que leur échappatoire.

Le souffle, c’est ce qui leur manque à tous les deux. Ce souffle suspendu aux lèvres, transformé en buée à la vitre du parloir, retenu en apnée, échangé lors d’un baiser. Ce souffle, ils en ont besoin pour échapper à la prison dans laquelle chacun d’eux est enfermé, à cette bulle dont ils ne peuvent s’extraire. Ce souffle, ils le trouveront, un bref instant, dans cette pièce où elle et lui se rencontrent, où les saisons défilent au gré du papier peint, où l’imaginaire les transporte bien au-delà des barreaux.

Le parloir devient alors l’endroit magique dans lequel les souffles libèrent et se libèrent. Ils ne les retiennent plus dans cette atmosphère kitsch et colorée que prépare Yeon pour chacune de leurs rencontres. Petit havre de paix où ils ne peuvent se réfugier que de courts instants, il est cette pause où ils peuvent reprendre leur souffle avant de repartir en apnée dans leurs vies.

La répétition est au centre de leur rituel et du film. Les saisons se suivent mais ne sont pas les mêmes. Les chemises tombent mais ne finissent pas forcément à la poubelle. La jalousie est toujours présente mais ne s’exprime pas de la même manière. Les corps s’aiment mais ne le montrent pas. Répétition, oui, mais avec des changements qui font que chacun des tableaux ressemble à l’autre sans être vraiment tout à fait le même.

Au ballet se mêlent le sexe et le crime. Incontestable maître en la matière, Kim Ki Duk nous entraîne sur le chemin glissant de notre bestialité enfouie. Sexe et crime se mélangent tout comme douceur et brutalité. Le spectateur assiste à cette danse des corps en voyeur dont la caméra serait l’œil. La passion des corps fait place à la violence de ces derniers.

Pourtant, le poème de Kim Ki Duk ne nous donne pas l’occasion de nous envoler avec lui. La passion dévorante est là mais n’entraîne pas le spectateur avec elle. Les acteurs semblent enfermés dans leurs rôles et ne plongent pas suffisamment en profondeur pour que l’on ait envie d’aller se perdre avec eux. Trop en surface, l’œuvre poétique du cinéaste se retrouve peu à peu dépossédée de son côté onirique, son aspect rêvé, égarant à la fois ses personnages et le spectateur.

Titre original : Soom

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Durée : 84 mn


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