L’heure d’été

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Relations familiales et héritage pour toile de fond, L´heure d´été s´écoule au fil des saisons mais se perd un peu au travers d´elles.

Se fondant ni plus ni moins que sur une histoire ordinaire, L’heure d’été aborde des thèmes qui peuvent toucher tout un chacun. La famille, son éclatement et son éparpillement, le deuil, la succession et les tensions qu’elle crée… Olivier Assayas pose un regard empli de sincérité et de justesse, plaçant néanmoins cette histoire ordinaire au sein d’une famille qui ne l’est pas.

En effet, le milieu de l’Art est très présent. Il englobe toute la famille, embrasse chaque personnage et devient le pivot central du récit. Un Courot par ici, un Majorelle par là, une sculpture de Degas brisée par les enfants et qui se retrouve dans un sac plastique Leclerc. Le cœur de la maison réside dans ces œuvres d’art qui ont ici une âme qu’elles perdent peu à peu si elles ne sont plus libres, enfermées dans un musée, derrière une vitrine. L’art est le souffle de cette maison.

Hélène, la mère, vit dans sa grande maison de campagne, dans le souvenir de son oncle Paul Berthier, grand peintre dont elle essaie de préserver la mémoire et de faire reconnaître l’œuvre aux quatre coins du monde, ou presque. Lorsque cette dernière s’éteint, se pose alors la question de la succession entre ses trois enfants, Frédéric, Adrienne et Jérémie.

Que faire de la grande maison familiale où aucun d’entre eux, à l’exception de Frédéric, ne semblent désormais avoir le temps d’aller ? Que faire également des œuvres du grand oncle mais aussi de la collection d’objets, de meubles et de tableaux que celui-ci avait réunis tout au long de sa vie ?

Après un Boarding Gate aux accents exotiques et aux décors de tous horizons, Olivier Assayas traverse à nouveau les frontières de l’Hexagone et plante l’univers de son dernier film au cœur d’une famille française. L’aspect international est néanmoins encore bien présent par le biais de la fratrie partagée et divisée entre trois continents. Mais le récit, lui, reste ancré en France.

Ce grand écart effectué au-dessus des océans accentue la sensation que les personnages sont toujours ailleurs, entre deux, ni partis ni vraiment présents. Ils n’ont jamais le temps, ou ne le prennent pas. A la question « vous viendrez nous voir ? », la réponse est toujours la même, « oui, oui, bien sûr ». Mais chacun sait qu’il n’en sera rien.

Le temps passe et Assayas conte. Il revient vers nos racines : la famille, la transmission et le patrimoine qui en découlent. Autrefois, les familles se déchiraient pour savoir qui hériterait de tels ou tels biens. Les temps ont changé. Aujourd’hui, l’on cherche à « savoir comment on s’en débarrasse » dixit le réalisateur qui parle principalement de la valeur symbolique de l’héritage.

Quel poids a un héritage ? Quelle valeur symbolique lui accorde-t-on ? Sentimentale ? Les objets du passé sont encombrants pour certains, et nécessaires pour d’autres. Les uns préfèrent garder leurs souvenirs en mémoire, une voix, un regard, une odeur, une habitude. D’autres, à l’inverse, ont besoin d’objets, de lieux, de souvenirs tactiles et matériels. Alors, comment concilier les envies et les besoins de chacun afin que le deuil, déjà difficile, n’engendre pas d’autres drames qui le seraient tout autant ?
Toutes ces questions, Olivier Assayas les pose. Elles se posent d’elles-mêmes. Il y répond, évasivement, laissant soin à ses personnages d’évoluer. Le sentiment qu’ils avancent seuls dans le récit se dégage de l’écran.

Le sujet est à la fois fort et banal. Cette banalité rend la tache difficile au réalisateur et le film manque parfois de substance. Sans jamais être ennuyeux, quelques platitudes du quotidien s’insèrent dans le récit et le desservent.

Malgré quelques maladresses, L’heure d’été reste un film agréable par lequel il est bon de se laisser porter, accompagné du doux chant des oiseaux. La fraîcheur du tableau et la tristesse du thème trouvent un bon équilibre et se mêlent dans la douceur de la maison familiale, sous le regard chaleureux des œuvres d’art vivant dans son antre.

Titre original : L'Heure d'été

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Durée : 100 mn


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