L’assistant du Vampire (Cirque du Freak : The Vampire’s Assistant)

Article écrit par

Un divertissement riche en couleurs pour petits et plus grands.

Adaptation des trois premiers volumes d’une série de romans à succès, Darren Shan (nom du protagoniste de l’histoire et pseudonyme de l’auteur), L’assistant du vampire met en scène un jeune adolescent comme tant d’autres, Darren, passionné par les araignées. Alors qu’il assiste à la représentation d’un cirque de monstres clandestins, fasciné par le numéro d’une araignée savante, Darren décide de la voler à son propriétaire, Larsen Crepsley, un vampire, reconnu par Steve, son meilleur ami, aficionado des suceurs de sang. L’araignée volée, elle pique Steve et lui inflige une blessure mortelle dont seul le propriétaire de la bestiole peut avoir le remède.

À voir l’affiche française , on pouvait s’attendre à voir un film  entre Twilight et l’insipide Harry Potter. Mais ne nous y trompons pas, L’assistant du Vampire est bien plus excitant que ces prédécesseurs.

Une des idées proches d’un Twilight est de nous offrir une vision plus humaniste du vampire. Ces monstres là se divisent en deux catégories, les bons, nommés simplement Vampires et les méchants, les Vampiriks. Les bons prélèvent juste ce qu’il faut de sang à leurs victimes pour subvenir à leur besoin, contrairement aux affreux, sales et méchants qui tuent leurs victimes sans aucun état d’âme. D’où une guerre amorcée par un faiseur d’embrouille lui aussi très très méchant, Monsieur Tiny (Michaël Cerveris). Pour ce premier volet, les scénaristes présentent un panorama d’idées mêlant mythes ancestraux, enjeux de pouvoir, famille, rapport à l’autre, à la différence,  premiers émois amoureux… lançant les dés d’un premier jeu un peu frileux, dont la complexité reste à venir. De cette mixture naît tout de même un film fantastique épique, qui s’offre une pléiade d’acteurs extraordinaires.

Crepsley, Gavner Purl (Willem Dafoe), Mister Tall (Ken Watanabe), Madame Truska (Salma Hayek)…, tous ces personnages impulsent une très belle dynamique au film. Seuls Darren et Steve, dont le jeu trop lisse manque un peu de maturité, ne réussissent pas à insuffler une véritable profondeur émotionnelle à cette histoire. Et c’est peut-être là que le film perd un peu de son attrait. En y réfléchissant, l’histoire de ces deux garçons est moins intéressante que le duel entre les deux clans de vampires. La conception d’une adolescence un peu dépassée ou idéalisée, trop enfantine (Darren à tout de même 16 ans) dessert le scénario. Un film comme The lost boys (1986) de Joel Shumacher, avec Kieffer Sutherland, était par exemple bien plus proche d’un univers adolescent actuel, détaché d’une Amérique pudibonde.

L’aspect esthétique du film, quant à lui, est mis en valeur dès le générique, habillé d’une animation puissante et séduisante qui nous plonge d’emblée dans une athmosphère sombre et extraordinaire. La lumière et les effets spéciaux contribuent fortement à cette esthétique travaillée et la mise en scène de Paul Weitz, habitué des teen movies (American Pie), sans être trop démonstrative, réussit à nous tenir en haleine.

Une bonne surprise en cette fin d’année 2009.

Titre original : Cirque du Freak : The Vampire's Assistant

Réalisateur :

Acteurs : , , ,

Année :

Genre :

Durée : 99 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..