Clermont-Ferrand, Jour 3


Clermont-Ferrand, Jour 3

Il fait beau à Clermont-Ferrand en ce moment et l'envie de soleil est forte cet hiver. Mais les salles obscures nous attendent du matin jusqu'au soir, et les courts métrages sont là pour nous faire découvrir d'autres ciels bleus, d'autres villes, d'autres réalités...

Article de Lydia Castellano



Le Court du Jour

Etre enfermé dehors quand on a oublié les clés à l'intérieur. Rien de très exceptionnel dans pareille situation. Sauf que quand on est une jeune femme dont le foulard est resté à la maison, dans une rue de Téhéran, cela devient une toute autre histoire. Le suspense et notre inquiétude grandissent au fur et à mesure. Quelle va être la réaction des voisins dans un pays où la liberté d'expression est en exil?


La suite dans The Wind is Blowing on my Street / Le vent souffle sur ma rue (15') de Saba Riazi. Le film propose une narration linéaire simple, sans artifices et très efficace de par son côté réaliste. Nous remarquons néanmoins la belle mais triste métaphore de l'immersion dans l'eau pour rendre compte des instants où la jeune femme tente de s'évader de la réalité qui l'entoure à travers la pensée. L'image de sa tête, ses longs cheveux, plongés dans l'eau, se fond dans l'image de son salon, sa maison, son chez soi, le lieu où elle se sent vraiment libre. Situation paradoxale que de se sentir libre quand on est enfermé chez soi, comme l'est la vie quotidienne de cette jeune fille à Téhéran.

Le film est là pour nous dire avec simplicité et sans prétention qu'elle n'est pas la seule dans son cas. Ce même rêve d'évasion est partagé par bien d'autres. Le vœu de la jeune femme est exaucé ici, car elle vient de trouver dans sa boîte aux lettres le document qui certifie l'obtention d'une bourse pour aller étudier à l'étranger. Elle est heureuse de partir certes, mais surtout convaincue qu'elle reviendra un jour. Cependant, Sabi Riazi pose la question ouvertement à travers ce court métrage : est-ce le cas pour tous les autres qui sont partis, qui partent et qui partiront encore ?


A relire : Clermont-Ferrand, Jour 2




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