Quatre thèmes, quatre façons de s’interroger
Un bilan 2009 du cinéma, animé par des journalistes et des cinéastes, témoins de l’impact politique, économique et social dans la création et la production d’œuvres audiovisuelles. Que ce soit une question écologique, une remise en cause du système financier, un mouvement sur le milieu carcéral ou bien l’influence du cinéma sur nos manières de penser et de réfléchir le monde, rien n’est laissé sous silence. La Corée, ou le bouleversement d’une identité, réunit géographes, historiens du cinéma, et journalistes pour aborder la situation de ce pays en perpétuelle mutation. Sans oublier la projection en avant-première d’Himalaya, de Jeon Soo-Il. Le retour du religieux, brûlante interrogation abordée par des films tels que Le Destin de Youssef Chahine, Jesus Camp de Heidi Ewing, My Father, My Lord de David Volach ou Water de Deepa Mehta. Et pour finir, un focus sur l’Iran, très en lien avec l’actualité, notamment grâce à l’avant première Bassidji de Mehran Tamadon et Téhéran de Nader T. Homayoun.
Entre actualité et réflexion
Enfant terrible
Une autre conférence posait la question de l’existence d’un cinéma de la désobéissance. Romain Goupil qui a consacré une grande partie de son œuvre au cinéma militant était présent pour exposer sont point de vue et débattre avec le public. Son discours, tonique, provocateur, drôle et iconoclaste fut à la hauteur du personnage haut en couleur, brillant et gouailleur. Selon Goupil, dire qu’un film peut changer le monde est absurde. C’est uniquement dans ce qu’il provoque – ce sont les discussions, une mobilisation, une manifestation, créer un rapport de force (sic) – qu’un film peut entraîner un bouleversement, changer l’ordre des choses. Puis Goupil fait dériver le sujet sur un inattendu développement purement artistique. Le seul cinéma de la désobéissance est selon lui celui qui « s’opposerait au cinéma dominant », ce dernier étant celui qui répond à tous les cadres, à toutes les règles de construction du divertissement. Le cinéma de la désobéissance est forcément un cinéma de type révolutionnaire. De sorte qu’il faudrait ouvrir la porte de derrière, celle qui débouche sur les centaines de milliers de films qui peuplent l’histoire du septième art et non pas sur ceux, très visibles, qui ont été formatés avec une précision extrême pour divertir et, in fine, pour le succès.
S’il est un cinéaste qui connaît à l’heure actuelle un succès fulgurant sans sacrifier au conformisme et à la facilité, c’est bien le prolifique Brillante Mendoza dont le dernier film Lola était présenté en avant-première. Dans Lola, Mendoza filme deux femmes âgées à Manille, qui se trouvent confrontées à un drame commun. Le style de Mendoza, sans concession, est éblouissant et l’on se dit qu’il échappe aux recettes commerciales et n’hésite pas à fuir les cadres formels imposés, et qu’ainsi il devrait plaire à Romain Goupil.

