Rencontre avec Jean-Max Méjean
A l'occasion de la séance de signatures au stand Gremese de Cinéditions à la Cinémathèque française le vendredi 4 juillet 2008 à 17 heures, revenons sur les livres écrits par Jean-Max Méjean.
Jean-Max Méjean est docteur de troisième cycle en Littérature française, et docteur d'Etat en Sciences des textes et documents pour une thèse sur Federico Fellini soutenue à l'université de Paris VII. Auteur de 'Fellini, un rêve, une vie', paru en 1997 aux éditions du Cerf, collection 7ème art, il a également publié trois ouvrages sur de grands metteurs en scène, Woody Allen, Pedro Almodovar et Emir Kusturica.
Woody Allen, 2004, éditions Gremese
Un nouveau livre sur Woody Allen qui porte un regard différent sur tous ses films, et surtout qui tente d’offrir une approche analytique d’une oeuvre divertissante et complexe à la fois. En effet, Woody qui rit et Allen qui pleure, sont les deux facettes d’un créateur qui puise son inspiration dans le burlesque traditionnel mais aussi dans la magie, et qui s’inspire des plus grands cinéastes de la très riche histoire du cinéma mondial. Jean-Max Méjean, comme il avait su le faire pour Federico Fellini, propose ici une analyse de Woody Allen qui n’oublie aucunement l’aspect philosophique de son travail, ni son aspect psychologique. Le livre tente donc de percer le mystère d’un créateur prolifique et ponctuel qui, chaque année, donne rendez-vous à son imagination et essaie de comprendre les névroses de ses personnages et du monde qui les entoure. New York, la femme, le comique, la judéité, la psychanalyse, l’hypocondrie, la misanthropie parfois, le rire et les larmes, sans oublier la solitude et le désarroi, tous ces archétypes sont convoqués pour brosser un portrait quasi complet d’un des plus grands cinéastes vivants.
Pedro Almodovar, 2007, éditions Gremese
Ce livre tente d'approcher l'œuvre de Pedro Almodovar, ce cinéma flamboyant et baroque, sous l'angle de la psychanalyse et de la poésie, pour dégager des thèmes qui cernent les différentes facettes d'une imagination déjà très prolifique. On y découvre l'influence incontestable de l'Espagne et de la movida madrilène. L'étude s'emploie également à faire le point sur la passion de la musique et de la chanson qui habite tous les films du metteur en scène espagnol à la réputation internationale. Mais Jean-Max Méjean s'intéresse aussi tout particulièrement aux relations que Pedro Almodovar entretient avec son propre imaginaire, marqué par l'amour pour sa mère, pour les femmes en général et pour la sexualité aussi, souvent envisagée sous l'angle le plus cru. L'amour et la mort, tout comme les masques et les transmutations des âmes et des corps, habitent toute l'œuvre, débouchant sur la naissance d'un style incontestable, qui ne renie ni ses influences ni son histoire, mais aborde une autre manière de percevoir les réalités et les mythes de ce monde étrange qui nous entoure. Ses films, très populaires, dont Attache-moi, Talons aiguilles, ou encore Tout sur ma mère, sont analysés minutieusement un à un, sans oublier La Mauvaise Éducation, qui a fait l'ouverture du Festival de Cannes 2004.
Emir Kusturica, 2008, éditions Gremese
Avec seulement huit films à son actif, Kusturica a réussi à se faire aimer, autant pour ses images que pour sa musique, même s'il a la réputation d'être un géant barbu pas si tendre que ça. Un géant créateur d'images, inventeur d'un monde magique où résonnent les voix des femmes, et les orchestres des mariages et des enterrements. Un univers où Chagall et Fellini auraient rencontré les Gitans. Kusturica est devenu l'un des cinéastes les plus fidèles à ses idées et à ses engagements, à Cannes en mai 2005 et, plus récemment, en novembre 2005 en Argentine pour critiquer la politique américaine. Délibérément provocateur, poète, humaniste, inventeur d'un monde magique et décalé, il n'hésite pas à jouer avec la vie et les sentiments dans des films devenus depuis longtemps cultes : Papa est en voyage d'affaires (Palme d'Or à Cannes en 1985), Le Temps des Gitans (Prix de la mise en scène à Cannes en 1989), Arizona Dream, Underground (Palme d'Or à Cannes en 1995), La Vie est un miracle. Jean-Max Méjean a tenté de mieux cerner son oeuvre, film par film - y compris ceux en voie de réalisation, comme Promets-moi et Maradona , dans une perspective à la fois poétique, politique et sincère.