Le cinéma portugais en danger


Le cinéma portugais en danger

Sauver le cinéma portugais avant qu’il ne soit trop tard.

Article de Jean-Baptiste Viaud



La Mostra de Venise se tient jusqu’au 7 septembre. Miguel Gomes, dont le sublime Tabou (2012) a engrangé plus de 200 000 entrées dans les salles françaises, y présente un nouveau film, un court cette fois-ci, Rédemption. Avec le producteur Luis Urbano, un de ceux qui comptent à Lisbonne, il a fait circuler un texte aux festivaliers, reproduit en intégralité sur le blog Slate de Jean-Michel Frodon et avertissant des dangers encourus par le cinéma portugais. En gros : alors que Manoel de Oliveira fêtera bientôt ses 105 ans et est encore en activité, que des réalisateurs comme Gomes lui-même ou João Pedro Rodrigues ne cessent de ravir les critiques, la production cinématographique du Portugal est sur le point de sombrer.

Négligée par le public, la Cinémathèque de Lisbonne, l’une des plus importantes au monde, pourrait bien fermer ses portes ce mois-ci. La crise économique globale du pays n’est pas à mettre en cause : une nouvelle loi vient de passer, dotant l’Institut du Cinéma et de l’Audiovisuel d’un modèle de subventions propre, hors budget de l’État. Problème : les opérateurs audiovisuels privés, désormais obligés de mettre la main à la poche, refusent de payer. Ce à quoi « le principal parti de l’opposition, le Parti Socialiste, assiste [...] tranquillement, dans un silence estival ».

Une incurie de l’État proprement hallucinante sur le marché du cinéma portugais, qui est pourtant l’un des plus vigoureux du moment, et dont la nouvelle génération obtient une reconnaissance formidable dans les festivals du monde entier. Pour le film présenté à Venise, Miguel Gomes et Luis Urbano ont utilisé des images d’archives de films portugais, et le livrent avec la croyance que « mêmes pour ceux là », pour les dirigeants démissionnaires en matière de politique culturelle comme le Premier ministre Pedo Passos Coelho, « il y a toujours la possibilité d’une rédemption ». Espérons très fort qu’ils disent vrai.


Lire le texte de Miguel Gomes et Luis Urbano.



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