Fuck Hollywood


Fuck Hollywood

Larry Clark sort son nouveau film, en streaming uniquement - parce que « le futur, c’est maintenant ».

Article de Jean-Baptiste Viaud



“Fuck Hollywood”. C’est, en substance, ce qu’a dit Larry Clark avant de présenter à la presse Marfa Girl, son huitième long métrage, lors du dernier Festival de Rome. Comme un élément de réponse à notre questionnement d’il y a deux semaines (lire notre édito du 7 novembre, De la survie du cinéma indépendant), le cinéaste vient de décider de diffuser son dernier film en date uniquement en streaming, sur son site Internet. Seul lieu pour voir Marfa Girl donc, accessible depuis ce mercredi minuit pour 4,99$ pour 24 heures à partir de la date d’achat, puisque le long métrage ne sera jamais diffusé en salles, ni édité en DVD. Une première, et une action que Larry Clark revendique sur son site web : « C’est le futur et le futur, c’est maintenant. Bientôt, presque tous les petits cinémas qui programment des films d’auteurs indépendants auront disparu ».

La démarche est certes originale, et elle permet de « couper l’herbe sous le pied des distributeurs hollywoodiens escrocs », selon les mots de Clark, qui a toujours eu du mal à faire financer ses productions. Il y a pourtant que ses films sont presque unanimement célébrés (Marfa Girl a d’ailleurs remporté le Marc-Aurèle d’Or à Rome), et que la question peut se poser de l’honnêteté totale de l’entreprise. Vraie volonté de modifier les réseaux de distribution et véritable croyance en l’existence purement digitale d’un film, ou simple contre-pied in your face de la part d’un réalisateur un peu punk qui se veut précurseur ? Peu importe au final, puisque ce qui compte, c’est qu’un nouveau film de Larry Clark nous parvient enfin, huit ans après Wassup Rockers (si on exclut son segment de Destricted, en 2006). Avec, en bandoulière, les thèmes chers à l’auteur : sexe, skate et teenagers. Avant The Smell of Us, qu’il tournera début 2013 en région parisienne, et duquel on ne sait pas encore sur quel écran, de cinéma ou d’ordinateur, on pourra le voir.



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