De la bulle au mouvement : Sous le signe du W.


De la bulle au mouvement : Sous le signe du W.

Ce n'est pas du film d'Oliver Stone dont il est question dans ce Laboratoire mais d'un héros français, justicier milliardaire, voué - sans doute - à devenir un frenchy franchisé.

Article de Clémence Imbert



Winch. Largo Winch. Cette célèbre Bande Dessinée de Jean Van Hamme et Philippe Francq, qui depuis 1990 ravit les bédéphiles mondiaux, s'apprête à passer l'étape de l'adaptation cinématographique. Après les multiples échecs de Michel Vaillant, Les Daltons ou encore Blueberry, Largo Winch semble devenir l'étendard d'un blockbuster français qui n'a rien à envier aux américains. Mise en scène par Jérôme Salle, réalisateur du remarqué Anthony Zimmer, cette production concurrence la quête identitaire de Jason Bourne et la présence élégante d'un James Bond. Mais avant de s'extasier devant les cascades réalisées par Tomer Sisley himself, revenons aux sources.
 
Dans le long-métrage documentaire Largo, le spectateur accompagne Jean Van Hamme et Philippe Francq tout le long du processus créatif d'un tome de Largo Winch. Réalisé dans une format assez conventionnel, le documentaire n'en reste pas moins une plongée ludique et agréable dans l'univers du 9ème art, où le vocable habituellement cinématographique trouve sa place à part entière dans les méandres des bulles. Repérages à Honk Kong, écriture d'un scénario et mise en image, Largo dévoile l'envers du décor, en quelque sorte le making-of de la BD, pré-making-of du film Largo Winch. Laurent Segall, producteur du documentaire, a eu la gentillesse de nous dévoiler ce projet et son enthousiasme envers la qualité artistique du binôme Jean Van Hamme et Philippe Francq.

De l'écrit à l'écran il n'y a qu'un pas. Et l'inverse ? De l'écran à l'écrit ? Cela peut paraître bizarre mais Antoine de Maximy n'est pas à une aventure près. Celui qui a conquis un public fidèle publie l'écrit des JCVD, l'avant et l' après. Il ne s'agit pas de Jean Claude Van Damme (on le sait depuis J'irais dormir a Hollywood, Antoine de Maximy préfère George Cloney ! ), mais des émissions « J'irai dormir chez vous », succès inattendu. Globe-Trotter et maintenant Globe-paper, Antoine de Maximy revient sur sa dernière expérience de road-movie solitaire : J'irai dormir à Hollywood. Après l'interview qu'il nous a accordée, le long-métrage, les émissions TV et désormais le livre Avant d'aller dormir chez vous, Antoine de Maximy s'impose avec grandiose sur tous les supports, prolongeant irrémédiablement son parcours et ses expériences.

Dans un tout autre genre, la critique est l'exercice fondateur et réflexif de l'après-image, toujours cet inversement de l'écrit à l'écran. Le Laboratoire prolonge les entretiens avec Emmanuel Burdieu, Sarah Mersch, Olivier de Bruyn... et explore la véritable identité du critique, décortique l'esprit critique et son rôle dans l'histoire du cinéma. Après Serge Daney et André Bazin, c'est au tour de Jean Michel Frodon de se livrer à l'exercice périlleux d'expliquer la critique : ses enjeux, son histoire et son avenir. Edité dans le Collection « Les petits Cahiers » des Cahiers du Cinéma, La Critique de cinéma de Jean-Michel Frodon, malgré un ancrage et discours trop prononcés dans l'idéologie de l'historique revue de cinéma, l'ouvrage reste un essai concluant, cernant avec pertinence une définition de la critique : « un point de vue subjectif, qui vise à faire réfléchir ou à déranger ». L'esprit de la Ruche, chef d'oeuvre espagnol sur l'enfance et la tragique période du franquisme permet une application directe de ce regard subjectif.

Résultant de cette analyse critique, les récompenses annuelles arrivent à grand pas. Avant le déluge de récompenses, les Raimu ouvrent le bal avant les César et les Molière. Décernés lundi soir au théâtre Marigny, plus d'un comédien metteur en scène et réalisateur ont été « très Raimus ».  Et vous ? Le Palmarès est ici !

Bonne lecture à tous !




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