Tomb Raider


Tomb Raider

Un film de Roar Uthaug

Avec Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Kristin Scott Thomas

Un reboot décevant malgré un bon choix d'actrice.

Article de Matthias Turcaud 1 étoile



Le réalisateur norvégien Roar Uthaug, qui a prouvé avec The Wave (2015), film catastrophe vu par près d’un million de spectateurs en Norvège, sa capacité à fédérer un large public, se retrouve aux commandes de ce nouveau Tomb Raider.

Des atouts…

Succédant à Angelina Jolie, la Suédoise Alicia Vikander, oscarisée pour The Danish Girl et vue chez Guy Ritchie, endosse le rôle de Tomb Raider. Elle ne manque ni de charme ni d’intensité, et s’avère un vrai bon choix de casting. En ce qui concerne le personnage qu’elle interprète, il s’agit en plus, à n’en pas douter, tout comme Catwoman ou encore Wonderwoman, d’un beau personnage de femme, une vraie héroïne, qui cependant a aussi des failles, des aspérités et des zones d’ombre. Très féminine, elle porte pourtant une veste en cuir un peu garçonne et accumule blessures et cascades. Elle lance des regards qui sont autant de promesses d’aventures à venir ; et son regard est franc, droit et sans détours. A ses côtés, Dominic West, révélé par la série The Affair, paraît aussi être une bonne solution : sobre et en même temps habité, avec son visage qui porte sur lui les marques d’une vie agitée. Certaines scènes enfin, bien rythmées, convainquent, telle la course en vélo du début.
 


… mais un scénario maladroit

La lourdeur et le manque d’inventivité d’un script laborieux portent cependant grandement préjudice à ce film ou, comme on dit si inélégamment, ce « reboot ». Geneva Robertson-Dworet et Alaistair Siddons, avec la complicité d’Evan Daugherty, à qui l'on doit entre autres Blanche-Neige et le chasseur, auraient pu en effet, semble-t-il, faire preuve de plus d’imagination. La partie dans la forêt de Hong-Kong est très longue et répétitive. On peine de surcroît à croire aux retrouvailles improbables entre père et fille et aux invraisemblables survies réitérées de Lara Croft suite à des chocs très épiques. Est-ce à cause du jeu vidéo dont Tomb Raider s’inspire, et du schématisme qui lui est associé ? En tout cas le film manque de péripéties et de rebondissements réellement créatifs, se contentant de faire durer situations et combats avec des méchants qui peinent à décéder. Cela reste donc décevant, et longuet… 



Du chiffre, du chiffre, du chiffre...


Le casting choisi, Vikander venant par exemple du cinéma d’auteur, n’arrive cependant pas à masquer les ambitions essentiellement commerciales du film. Calibré pour les amateurs du jeu vidéo, ceux qui ont aimé les deux films avec Angelina Jolie comme ceux qui ne les ont pas aimés, ce « reboot » est destiné à être projeté un peu partout dans le monde, équivalant à une consommation immédiate et facile sans tracas. Ce sont, on le voit, des formules toutes faites qui ont été privilégiées : musique extra-diégiétique utilisée automatiquement pour souligner le haut de coeur qu'une chute préfabriquée et trop attendue est censée provoquer, méchants supposés faire peur, soupçon d'exotisme facile et superstition primaire... 


Fiche du film


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