En attendant les hirondelles


En attendant les hirondelles

Un film de Karim Moussaoui

Avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani

A travers son premier film, Karim Moussaoui nous emmène dans une Algérie contemporaine, tantôt urbaine, tantôt excentrée, mais toujours focalisée autour de trois portraits de personnages.

Article de Live A. Jeje 2 étoiles



Dahman (Hassan Kachach) est un neurologue respecté, sur le point de se remarier, mais son parcours le rattrape de manière inattendue. Mourad (Mohamed Djouhri) a réussi aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Après un premier divorce, dont est issu un fils, en études de médecine, il a refait sa vie avec une belle et brillante jeune femme. Pourtant, le sens du quotidien semble lui échapper et le laisse en proie à des interrogations quant à son environnement, au prix de la solitude. Aïcha (Hania Amar) est attirée par Djalil (Mehdi Ramdani), toutefois, elle s’est promise à un autre avenir.
 



Belle narration de cinéma

Karim Moussaoui, pour sa première réalisation, se démarque par une construction narrative accomplie et pertinente, via ces personnages qui s’entrecroisent et s’entrechoquent parfois. Il exploite, en exposant diverses couches de la société algérienne, un état des lieux intéressant du pays dans ce qu’il a de plus contemporain, de par un procédé narratif astucieux, à savoir montrer les failles de ses personnages et les enjeux auxquels ils sont confrontés, consistant à traiter tour à tour du passé, du présent et de l’avenir, tout en évitant de s’enfermer dans une construction « pompeuse », en s’abstenant de respecter un quelconque ordre chronologique d’exploitation.

Un manque d'incarnation

Ainsi, il parvient à susciter l’intérêt du spectateur en alternant les temporalités de ce à quoi chaque situation des caractères renvoie. Néanmoins, cette astuce ne permet à lui seul d’endiguer les quelques longueurs qui donnent une atmosphère hélas trop « plate » à l’oeuvre, atmosphère renforcée par, on ne peut que le regretter, un traitement esthétique trop neutre, épuré, qui s’il est sans doute justifié dans l’optique d’un traitement réaliste, presque « portraitiste » de son pays, ne permet pas de rentrer concrètement et complètement dans l’histoire.


Fiche du film


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