Petit Paysan


Petit Paysan

Un film de Hubert Charuel

Avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier

Un premier long métrage spectaculairement bien réalisé, touchant et original. Le monde laitier, de l'intérieur.

Article de Stéphanie Chermont 4 étoiles



Comme 120 battements par minute (Robin Campillo), encore en salles, Petit Paysan appartient à ce cinéma du vécu, de l’expérience, presque du réel. Sans oublier de raconter une histoire d’amour, humaine et animale, le réalisateur Hubert Charuel, fils et petits-fils d’éleveurs laitiers, signe un premier long métrage bouleversant.

Cinéma d'inspiration biographique

Tout commence pour lui alors qu’il décide plus jeune de changer de vie. Non, il ne sera pas éleveur comme sa famille mais il s’inscrit à la Femis, réfléchit pendant quelques années à ce long métrage mêlant souvenirs, expériences et passé, puis trouve de quoi le financer, après s’être fait la main en réalisant des courts métrages efficaces. Cette écriture, dans Petit Paysan, est spectaculaire. On se raconte, à travers le personnage de Pierre et la peur de perdre son troupeau de vaches à cause d’une maladie belge dévastatrice, qu’il est possible de prendre notre destin en main, de s’affranchir des règles, de choisir quel sera notre avenir.
 



Un réalisme particulier

Alors que des personnages viennent le réguler, voire le résonner, Pierre - l’acteur Swann Arlaud, toujours aussi bon - persiste à croire que rien ne s’est passé, que ce cauchemar va s’arrêter. Cette sœur - jouée par la talentueuse Sara Giraudeau - terre à terre, vétérinaire, ne cesse de le ramener à cette réalité dont il cherche à s’échapper. Dans Petit Paysan, on observe ces émotions qui passent de la joie d’être le meilleur à l’angoisse d’être une terreur, un maudit, et on ne juge pas. La distance, voulue par une réalisation soignée, des plans doux et serrés sur le mal-être d’un éleveur en détresse, pousse à l’émotion forte, à la compréhension, à l’intérêt d’en savoir plus.

Même si le réalisateur n’a pas choisi le documentaire pour son film, il aura eu le mérite d’éclairer, par la fiction, la situation presque quotidienne de ceux qui nous nous nourrissent, dont on ne parle que très peu, encore moins au cinéma.


Fiche du film


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