Alien : Covenant


Alien : Covenant

Un film de Ridley Scott

Avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Demián Bichir, Carmen Ejogo

Il est grand temps que Ridley Scott mette un terme à sa carrière.

Article de Maxime Lerolle 1 étoile



Alien : Covenant. Énième déclinaison de la saga lancée par un certain Ridley Scott en 1979.
Ce même Ridley Scott qui achève la saga depuis Prometheus, et qui réitère avec sa pitoyable suite, Alien : Covenant.

Grandiloquence et vide

L’intelligence du premier Alien tenait dans sa mise en scène. Sobre, minimaliste, elle ne laissait apercevoir de la créature que des fragments, des ombres portées sur les visages horrifiés des membres de l’équipage tués un à un en hors-champ. Avec peu de moyens, Ridley Scott avait réalisé un chef-d’œuvre du huis clos intersidéral.
Or, à présent que le cinéaste est reconnu (en partie depuis sa renaissance en 2000 avec Gladiator), le bonhomme aligne des films de plus en plus coûteux, de plus en plus pompiers, et de plus en plus insipides. Prometheus (2009), qui marquait son retour à la saga Aliens, rompait radicalement avec l’esth-éthique austère du premier volet en s’enfonçant dans un faux questionnement sur les origines de l’humanité, rabâché à l’extrême par les créationnistes et autres lectures littérales de la Bible. Alors que le premier opus cadrait serré, dans des couloirs obscurs, Prometheus, et encore plus Alien : Covenant, font étalage de leur budget avec des plans démesurément larges, où l’équipage apparaît microscopique face aux constructions cyclopéennes. Alien : Covenant est dans la droite ligne d’Exodus : Gods and Kings (2014), la pire production de Scott : une poche de vide qui s’enfle inutilement.




Halte aux effets spéciaux numériques
 
Scott va jusqu’à rater la mise en scène du monstre, clef de la saga. Ou plutôt, il faudrait parler des monstres. Non content de louper ses cadrages, le cinéaste aligne les aliens au lieu de se concentrer sur une seule menace. Ce qui entraîne des aberrations de mise en scène : le caractère horrifique qui avait fait le succès de la saga s’efface complètement devant un simple film gore, où l’équipage et les créatures se contentent de se massacrer les uns les autres.

Pire encore, le monstre n’a plus rien de monstrueux. Une seule séquence, si peu exploitée, aurait pu apporter un renouveau à la figure de l’alien : le cabinet anatomique de David (Michael Fassbender) où s’étalent des créatures toutes plus étranges les unes que les autres. Si elle avait été prolongée, cette séquence aurait pu apporter un nouvel éclairage sur les aliens. Or, Scott fait exactement ce qu’il ne faut pas faire dans un cinéma d’horreur : filmer la créature dans son ensemble, en plan large. Comment voulez-vous avoir peur d’un monstre de synthèse, tellement lisse qu’il ennuie ?

Encore une fois, les effets spéciaux numériques ont montré leurs limites. Trop photoréalistes, ils nient les aspérités inquiétantes des corps, ces formes tourmentées à partir desquelles l’imagination du spectateur fantasme des choses malveillantes. Disons-le clairement : les effets spéciaux numériques, dans un film d’horreur, tuent l’effroi.

Ridley Scott, arrête le cinéma
 
Alien : Covenant marque la fin de l’espoir que l’on pouvait placer en Ridley Scott. On avait eu une petite surprise avec Seul sur Mars (2015), où, contrairement à ses films précédents, il revenait à une atmosphère plus humaine, comique et décalée.

Mais ce n’était que reculer pour mieux sauter dans le vide. Avec Alien : Covenant, Scott retourne aux vieux démons pompeux qui le hantent depuis Gladiator et la série de navets qu’il a enchaînés par la suite. Le cinéaste n’a plus aucune imagination. Presque plan pour plan, Alien : Covenant constitue un auto-plagiat de Prometheus. Nous avons droit aux mêmes séquences de traque des aliens, aux mêmes créatures, aux mêmes morts sanglantes ; on a même le droit de voir deux Michael Fassbender se contempler et s’embrasser, comme si le nombrilisme du film n’était pas assez clair.

Alors, avant que les studios ne lâchent définitivement un cinéaste constamment attaqué par la critique à chaque nouvelle bouse, il est temps que Ridley Scott mette un terme à sa carrière, et emporte avec lui le peu de dignité qu’il lui reste.

 


Fiche du film


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