Paula


Paula

Un film de Christian Schwochow

Avec Carla Juri, Roxane Duran

Un Biopic conventionnel et tristement académique.

Article de Jean-Michel Pignol 1 étoile



Sans aspérités

1900, Paula Becker s’engage dans des études de peinture en rejoignant le groupe d’artistes indépendants réunis dans le renommé village de Worpswede, au nord de l’Allemagne. Très rapidement, la jeune femme de vingt-quatre ans se trouve à l’étroit aussi bien dans son milieu artistique que dans sa vie de couple. Paula décide alors de prendre son destin en main, elle s’exile à Paris pour trouver sa voie. Une carrière intense mais brève, un hommage à une femme en avance sur son époque, des mœurs anticonformistes, on comprend aisément que Christian Schwochow soit séduit par un tel sujet. L’histoire du cinéma nous a démontré combien il est difficile, voire périlleux de saisir le désir, la fougue, les frustrations qui nourrissent le processus créatif d’un artiste peintre. Conscients que n’est pas Vincente Minnelli qui veut, dont La vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956) reste une référence difficilement égalable, notre curseur d’exigence est évidemment bien moins élevé. Mais, face à un si piètre résultat, toute bienveillance est inévitablement prise en défaut.
 



Une toile désespérément blanche


Dans Paula, le réalisateur est passé complètement à côté de son sujet. Pour une raison bien simple, Christian Schwochow a tout fait pour éviter de se confronter à la singularité de l’univers pictural et à la complexité de son héroïne. En lieu et place, le récit est comblé par de plates scènes qui retranscrivent le machisme du cercle des peintres, la consternante absence de virilité de l’époux, puis le romantisme lénifiant avec George (Stanley Weber), le bel amant français de Paula. En nous présentant, et en déshabillant fréquemment, une jeune femme au physique bien plus attrayant que le personnage original, le réalisateur cède à toutes les facilités pour capter notre attention. L’acmé de la désolation étant atteint par le jeu de la comédienne, cette dernière, Carla Juri, riant à tout bout de champ, aussi bien dans des moments de joie, de gêne, ou de stress. Un détail qui se révèle involontairement drôle, dans la scène durant laquelle George demande à Paula d’arrêter de sourire bêtement pour être photographiée.

A l’exception de la jolie lumière impressionniste du début du film, Paula pâtie d’une absence totale d’idées et de qualités. Ce long métrage, coproduit par Arte, aurait dû être exclusivement destiné à venir combler la deuxième partie de soirée de la grille télé du vendredi soir.


Fiche du film


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