Tous en scène


Tous en scène

Un film de Garth Jennings

En avant la musique !

Article de Marion Roset 3 étoiles



Tout le monde sait que la réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste est « 42 » depuis que Garth Jennings a porté H2G2 Le guide du voyageur galactique (2005) à l’écran. Aujourd’hui, avec la participation du studio Illumination - à l’origine de Moi moche et méchant (2010) et plus récemment de Comme des bêtes (2016) - le réalisateur nous apprend que les animaux ont un sens du rythme qui n’a rien à envier aux bipèdes en livrant, avec Tous en scène, une sorte de Zootopie (2016) musical.

Après avoir reçu un choc esthétique devant une représentation théâtrale, Buster Moon décide de consacrer le reste de sa vie au music-hall, mais le show-business est dur, même pour les koalas comme Buster, aussi optimistes puissent-ils être. De fours en navets, à mesure que les sièges se sont vidés, les factures et les appels de la banquière se sont multipliés. Se refusant à la fermeture de son très cher théâtre, Buster Moon a l’idée de ramener le public dans son établissement en lançant un grand concours de chant - récompense un peu plus sonnante et trébuchante que prévue à la clé – qui pourrait bien changer radicalement la vie des candidats et de son organisateur.
 
 
 
 
Des bêtes humaines

Comme dans les fables de La Fontaine, à chaque animal correspond un caractère et donc un comportement : le renard peut être rusé ou sournois, quand le lion peut être majestueux s’il n’est pas despotique, etc... Tous en scène prend le contrepied de ce principe pour certains de ses protagonistes ; ainsi Meena l’éléphante fait tout pour ne pas se faire remarquer, alors que Mike, la souris à la voix grave de crooner, est d’une assurance qui frise la mégalomanie, même en présence d’ours retors. Mais du fabuliste, le film conserve l’idée d’anthropomorphisme, qui marche à plein puisqu’en plus d’être vêtus et de marcher sur leurs deux pattes arrières, toutes ces bestioles rencontrent des problèmes bien humains qui parleront à tout le monde. Rosita, la truie mère de rien de moins que vingt-cinq cochonnets, aimerait être plus qu’une femme au foyer bien serviable, et Johnny, le gorille, voudrait faire comprendre à son gangster de père que les braquages de banques ne sont pas sa tasse de thé ; boucler les fins de mois, trouver sa place, oser s’affirmer, chez Jennings les animaux sont effectivement des êtres doués de sensibilité. Mais la palme du bestiau le plus étrange revient sans conteste à Miss Crawly, la secrétaire caméléon de Buster, à qui le réalisateur lui-même prête sa voix. Sûrement aussi vieille que le théâtre dans lequel elle travaille, borgne, et souvent déphasée, Miss Crawly est un peu la grand-mère Yeta de toute cette petite troupe.
 
 
 

Rires et chansons

De toute évidence tout cela finira bien, le message étant que les rêves peuvent devenir réalité si l’on y croit assez fort - et si tout le monde s’entraide – comme le proclame le titre de la chanson du générique, « Faith ». En même temps, les films d’animation conseillant aux enfants de baisser les bras face aux épreuves de la vie ne sont pas fréquents, et faut-il s’en plaindre ? Le message positif véhiculé par le film n’a rien de niais, les couleurs franches et la stylisation du dessin sont aussi agréables aux yeux que la bande originale l’est aux oreilles. Mêlant Lady Gaga, Drake, Frank Sinatra et même les Gipsy Kings, elle compile les tubes actuels et les standards pour un résultant euphorisant qui donne envie de joindre sa voix à celle de la troupe. Une sensation d’allégresse accrue par les gags parfois inventifs qui font rire et sourire - du casting improbable, à base de grenouilles au look Sheila période Spacer et de chiots adeptes de K-Pop, à l’invraisemblable mécanisme permettant à Rosita de s’absenter de chez elle en cachette. Tous en scène a beau ne pas être d’une originalité folle, il remplit à merveille son rôle de divertissement pour petits et grands, un divertissement qui donne très envie de continuer à chanter à tue-tête en sortant de la salle de projection.


Fiche du film


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