Le Lorax


Le Lorax

Un film de Kyle Balda, Chris Renaud

Un film aussi bourratif et fade que les marshmallows dont raffolent ses personnages.

Article de Camille Poirier 1 étoile



L’époque où Tintin profitait d’un safari au Congo pour massacrer les antilopes et exterminer les chimpanzés est bel et bien révolue. Aujourd’hui, les films d’animation tâchent d’enseigner à nos bambins la nécessité de protéger la planète et les créatures qui la peuplent : si les contes écolos et poétiques de Miyazaki illustrent merveilleusement cette tendance, nous pourrions aussi citer les plus récents Wall-E et L’Ours montagne. Difficile de critiquer cette démarche ô combien altruiste, à moins que les œuvres en question ne se transforment en guimauves aussi fades que naïves.
 
C’est malheureusement ce que l’on peut reprocher au Lorax, fabulette imaginée par l’écrivain américain Theodor Seuss Geisel, mieux connu sous le nom de Dr. Seuss (The Grinch). Dans une ville futuriste où la végétation est artificielle et l’oxygène stocké dans des bouteilles plastiques, un gamin aventureux décide de partir à la recherche d’un véritable arbre – les truffula trees poussent dans la terre mais ressemblent plutôt à des barbes à papa – pour séduire sa dulcinée. Il découvre alors que les forêts ont été réduites en cendres par un entrepreneur cupide, prêt à toutes les folies pour récolter leurs précieuses feuilles.

 
En réalisant Despicable me, Chris Renaud avait donné vie à l’un des méchants les plus sournois et les plus amusants qu’ait jamais compté le monde de l’animation. Avec ses épaules voutées, son accent russe à couper au couteau et son nez de corbeau, Gru était aussi antipathique et misanthrope que les héros du Lorax sont lisses et mièvres. Leurs bouilles dodues et leurs petits yeux ronds (qui ne contribuent pas à nous les rendre sympathiques, avouons-le) sont à l’image de l’univers qui les entoure : simplet, coloré et artificiel.
 
Les éléments qui composent ce patchwork indigeste ont tous été piochés à droite à gauche : les adorables nounours sont des copies conformes des Mignons de Despicable me (la drôlerie en moins), les men in black chargés de faire régner l’ordre sur Thneedville font songer aux mafieux des Triplettes de Belleville, la graine que le héros protège rappelle la « plante » de Wall-E et la demoiselle dont il s’éprend la jolie viking de Dragons. Tout cela sent le réchauffé à plein nez. Seul le fameux Lorax, petite bestiole orange et poilue, aurait pu sauver le film du naufrage. Mais ce « protecteur de la nature » est aussi barbant que barbu, et l’on ne s’étonne pas que le méchant entrepreneur ait préféré ignorer ses conseils et abattre les arbres en toute tranquillité (à sa barbe, serait-on tenté de dire).
 
Les parents qui souhaiteraient transformer leurs enfants en futurs militants de Greenpeace feraient mieux de leur acheter la collection complète des films de Miyazaki, à commencer par Nausicaä de la vallée du vent et Princesse Mononoké.
 


Fiche du film


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