Mr. Foster

Mr. Foster

Un film de Carlos Carcas, Noberto Lopez Amado


Un documentaire didactique, un brin fastidieux mais sauvé par des plans aériens à couper le souffle.


Article de Camille Poirier 2 étoiles


Le Viaduc de Millau, le British Museum de Londres ou encore la Hearst Tower de New-York font partie des innombrables projets menés d’une main de maître par Norman Foster, architecte de son état et star de ce documentaire au nom interminable. Né dans un quartier défavorisé de Manchester en 1935, le jeune Norman quitte l’école à seize ans pour effectuer son service militaire. Passionné par l’architecture et l’urbanisme, il étudie d’arrache-pied, tout en travaillant pour gagner sa vie, dans l’espoir d’intégrer la prestigieuse université de Yale et d’y obtenir sa Maîtrise d’Architecture.

How much does your building weigh, Mr. Foster ? (question que posa un jour Richard Buckminster Fuller à son jeune condisciple) est la première étape d’un projet mené par la société Art Commissioner, spécialisée dans le commissariat et la promotion d’artistes. Son objectif ? Réaliser une série de documentaires sur les figures clefs de l’art et de la culture au XXIe siècle. Le film de Borberto Lopez Amado et Carlos Carcas est une sérénade, un témoignage de l’admiration qu'ils portent à l’architecte britannique. En recueillant ses paroles et celles de ses collaborateurs, amis et employés (qui ne tarissent  pas d’éloges sur son travail, bien entendu), ils dressent le portrait d’un être audacieux, intrépide et visionnaire, prêt à affronter vents et marées pour arriver à bon port. « Norman Foster est un homme qui ne rend jamais les armes », concède volontiers Norberto Lopez Amado. Il faut voir ce papi de soixante-dix ans chausser ses skis de fond et se lancer dans une course effrénée pour saisir l’ampleur de sa détermination. On comprend qu’il ait toujours été fasciné par les avions et par le ciel : en construisant des bâtiments toujours plus hauts, toujours plus colossaux, il n’a cessé de manifester sa volonté de décrocher la lune. Ce portrait, naïf et sans équivoque, ne casse pas trois pattes à un architecte. Il peut même devenir agaçant lorsqu’il se focalise sur l’enfance de Norman, Gavroche anglais né « du mauvais côté de la voie de chemin de fer » mais tout de même parvenu au sommet de la gloire. Certains verseront peut-être une larme, les autres se morfondront d’ennui.
 
 
Si le talentueux Norman Foster mérite tout notre respect, force est de reconnaître que le véritable cœur du film, ce n’est pas lui, mais son œuvre. Géants de verre et d’acier, structures colossales et immobiles, les bâtiments high-tech conçus par l’architecte sont sublimés par la photographie de Valentin Alvarez. La caméra traverse le ciel, caresse chaque paroi, chaque verrière, épouse les formes et les contours des monuments pour mieux en restituer le gigantisme. Ces plans aériens parviennent, mieux que n’importe quel propos élogieux, à rendre compte du génie de Mr. Foster.
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