Chronique de la France défaite

Article écrit par

Le Général De Gaulle l´avait dit : << Toute la France a résisté >>. Une douce illusion dont la société française avait besoin de se bercer après cinq années d´Occupation allemande, même si personne n’était dupe.

L’hypocrisie eut aussi court du côté de la fiction, pour un temps seulement, avec divers films révisionnistes, glorifiant la Résistance dans l’immédiat après guerre, tels que La Bataille du rail de René Clément.

Pour ce Coin du cinéphile, nous nous pencherons sur les œuvres d’hier et d’aujourd’hui ayant su s’attarder sur les zones d’ombres de cette période et capter l’état d’esprit d’une France brisée par la défaite.

L’accent sera mis sur la fiction, c’est pourquoi le fondamental Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls a été volontairement écarté pour cette étude. Suspicion et petites combines dans La Traversée de Paris , le sulfureux Lacombe Lucien et M Klein , armée française en plein doute dans Weekend à Zuydcoote et  Le Caporal épinglé lendemains qui déchantent dans Uranus de Claude Berri, tel seront les principaux thèmes abordés pour ce Coin du cinéphile.

Bonne lecture avant une année 2010 qui s’ouvrira sur la comédie pop des sixties dans notre prochain Coin du cinéphile.


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..