Walkyrie

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<< Une bombe est sous une table, elle explose : c´est l´effet de surprise. Une bombe est sous la table, elle n´explose pas : that is suspense >>.

Cette image démontrée par Hitchcock lors de ses entretiens avec François Truffaut semble prendre une étrange résonance avec le nouveau film de Bryan Singer. Plus qu’une simple résonance, la clef même du film ? Après une excursion en trois longs-métrages à travers l’univers des super héros (X men, X men 2, et son inégal Superman Returns), Singer s’atèle avec Walkyrie à son premier film historique (comme bien des cinéastes ces temps-ci, Spike Lee, Paul Veroeheven et Quentin Tarantino en tête), et se déroulant plus précisément lors de la guerre 39/45. Manifestant un sentiment mêlé de répulsion et de fascination pour le sujet, le nazisme a clairement déjà fait figure dans l’œuvre du cinéaste à plusieurs reprises (Un élève doué en tête, mais également la séquence d’ouverture du premier X-Men, ainsi que nombreuses allusions et références dans Superman Returns). Une fois de plus, il est ici abordé sous un angle bien différent, en tentant cette fois-ci de montrer le revers de la médaille avec ceux qui ont tenté de s’y opposer au sein même du régime.

1944. La deuxième guerre mondiale fait rage partout dans le monde. L’officier allemand, Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise) réunit une équipe d’hommes avec qui il partage une idée bien commune : débarrasser le monde et l’Allemagne d’Adolf Hitler. Ensemble, ils mettront au point une mission qui aurait donc pour but d’assassiner le dictateur notoire avec l’aide d’une valise remplie d’explosifs. Le nom de la mission : opération Walkyrie. 

Sujet Titanic par excellence (on sait pertinemment comment l’histoire va se conclure et ce qu’il adviendra de ses personnages), on évoquera tout d’abord à quel point le film parvient néanmoins et étonnamment à susciter une tension remarquable. Le scénario, écrit par Christopher McQuarrie (déjà auteur de The Usual Suspects), en est la raison principale, s’avérant particulièrement bien ficelé et parsemé de trouvailles, tout comme la mise en scène de Singer, millimétrée au possible. Virtuose sans jamais pour autant être tape à l’œil (hormis éventuellement la scène du déclic avec le vinyle), rarement le cinéaste n’aura autant maîtrisé l’aspect formel de l’un de ses films sans jamais trop en ajouter, et venant respecter et servir son propos à 100%. Faisant usage de focales longues, balances de points et cadres étriqués, ce n’est pas un film de guerre que signe le metteur en scène, mais un thriller d’espionnage résolument Hitchcockien, se déroulant en Allemagne nazie. On louera par ailleurs le jeu des comédiens et plus particulièrement celui de Tom Cruise, interprétant le rôle du personnage monolithique de Stauffenberg en toute sobriété et d’une retenue surprenante. C’est d’ailleurs le qualificatif que l’on retiendra le plus pour l’ensemble du métrage, faisant preuve de beaucoup de finesse et de bon goût. On citera de ce fait le dénouement du film qui parvient à s’achever avec beaucoup de justesse alors qu’il aurait très bien pu sombrer dans le pathos et la niaiserie la plus totale.  Le personnage de Stauffenberg mutilé et muni d’un œil de verre, s’avère réellement tout aussi fantomatique que passionnant, et le cinéaste et son scénariste n’hésitent pas à rappeler lors de l’ouverture du film, qu’il s’agit bel et bien d’un fait réel et historique, en fusionnant la langue allemande et anglaise en voix off (à la manière de celle d’A la poursuite d’Octobre Rouge de John Mc Tiernan).

Outre Tom Cruise, on évoquera le nombre impressionnant de seconds couteaux (Terence Stamp, Tom Wilkinson, Bill Nighy, Eddie Izzard, Carice Van Houten, Thomas Krestchmann…), tous impeccables dans chacun de leurs rôles. Au final, notre seul regret du film sera de ne pas voir davantage le personnage de Kenneth Branagh, assez peu présent du récit.
Autre élément venant ajouter à la tension du film : la diction des dialogues. En effet, 90% d’entre eux sont déclamés à voix basse, contrastant fortement avec des séquences chocs et plus explosives, sur mixées. Au sein de la bande son viendra également s’imbriquer la partition musicale de John Ottman, également monteur du film comme à son habitude avec Singer, lui conférant quasiment le statut de co-réalisateur, et à qui on attribuera tout autant la réussite du film.    

Pour conclure, Bryan Singer signe avec Walkyrie son meilleur film en date depuis Un élève doué, à travers une histoire de bravoure et de complot finalement peu traitée dans l’histoire du cinéma. Méritant bien plus d’être nominé aux oscars en 2009 que David Fincher et son Benjamin Button (bien que les deux films soient certes très différents), on se contentera désormais de patienter en attendant des nouvelles de la suite de Superman : The Man of steel

Titre original : Valkyrie

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Durée : 110 mn


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